La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Alternative ASEAN Network on Burma (ALTSEAN-Burma) ont publié une note d’information (en anglais) décrivant le processus illégitime par lequel la junte militaire birmane s’efforce de se maintenir au pouvoir à la suite du coup d’État militaire de février 2021.
6 février 2026. Le chef de la junte Min Aung Hlaing a piloté la mise en œuvre des modifications répressives de la loi électorale visant à interdire des partis qui avaient remporté plus de 90 % des sièges en 2020, à emprisonner les voix dissidentes et à assurer la victoire du parti Union Solidarity and Development Party (USDP), contrôlé par l’armée. Bien que la junte ait organisé le scrutin de façon à asseoir sa légitimité et à rassurer la Chine, la mascarade électorale soigneusement orchestrée a basculé dans un déchaînement de violence et de fraudes massives.
Afin que l’armée puisse exercer un contrôle rigoureux des élections, le scrutin s’est déroulé en trois étapes : la phase 1 (28 décembre 2025), la phase 2 (11 janvier 2026) et la phase 3 (25 janvier 2026). Du 20 décembre 2025 au 30 janvier 2026, 1 288 affrontements armés et attaques contre la population civile ont été enregistrés, causant la mort de 281 personnes civiles dans 178 cantons (sur 330 au total). La junte a lancé 308 frappes aériennes sur 89 cantons. Parallèlement, 404 personnes ont été poursuivies en vertu de la loi sur la protection électorale de la junte, dont neuf se sont vues infliger de longues peines de prison allant jusqu’à 49 ans.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte où près de 23 000 personnes prisonnières politiques étaient détenues par la junte – un record en Asie du Sud-Est. Le nombre de prisonnières et prisonniers politiques n’a cessé d’augmenter pendant et après les élections. 67 cantons et 4 000 circonscriptions et groupements de villages ont été exclus de ce simulacre d’élections. On estime à 10,5 millions le nombre de personnes ayant été écartées du vote, tandis que 11 millions supplémentaires ont choisi de boycotter le scrutin. Dans le seul État du Chin, moins de 5 % des électeurs et électrices se sont rendus aux urnes. Malgré la désinformation, les actes d’intimidation et les menaces, le parti de la junte a remporté les élections avec une participation extrêmement basse de 13,1 millions de votes, contre 25,9 millions des suffrages exprimés aux élections générales de 2020.
L’intention de la junte d’imposer de nouveau le service militaire obligatoire et son approche économique régressive rendent la reprise économique et l’apaisement du conflit quasiment impossibles. Pendant ce temps, la junte continue de fournir des bombes à la Russie destinées à combattre l’Ukraine et s’allie à l’Iran pour contourner les sanctions, faisant peser une menace supplémentaire sur la stabilité régionale et internationale.
Lire la note d’information ici (en anglais uniquement).