« UNE VAMPIRE AU SOLEIL », UN CONTE FANTASTIQUE ET MUSICAL
Proposée dans le cadre de la Semaine de la lecture le vendredi 27 mars à 21h à l’Espace Saint-Exupéry, cette pièce de théâtre raconte le destin sinueux d’une femme sous emprise. Rencontre avec Marien Tillet, le co-auteur, metteur en scène, co-interprète et musicien d’«Une vampire au soleil ».
POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER L’HISTOIRE D’UNE VAMPIRE AU SOLEIL ?
« C’est l’histoire d’une femme qui vient témoigner face au public et qui raconte sa vie d’avant, comment elle est devenue vampire, ce qu’est son quotidien maintenant qu’elle ne peut plus s’exposer au jour… Mais elle semble avoir des trous de mémoire. Au fur et à mesure, on se rend compte que son récit n’est pas cohérent, et on va comprendre qu’elle essaie de nous raconter une autre histoire, jusqu’à se poser la question suivante : « Est-elle réellement vampire ? »
À TRAVERS CETTE HISTOIRE, QUELS SONT LES THÈMES QUE VOUS SOUHAITIEZ ABORDER ?
« Les thèmes de la sidération, de la question de la nuit : qu’est-ce que c’est de vivre de cette façon ? Qui on rencontre ? Quels sont les métiers de la nuit, comme l’hôpital, les zones industrielles… ? Il y a aussi le thème de la violence : à quel moment est-elle légitime ou illégitime ? Quand se défendent-
on ? Quand se laisse-t-on faire ? En termes de mise en scène, nous sommes dans un road trip mental. Scéniquement, c’est statique, mais dans la tête
des spectateurs tout bouge beaucoup. Je me rappelle d’une spectatrice qui disait qu’on avait l’impression d’entendre les bruits d’essuie-glaces sur le pare-brise, alors qu’on ne les fait pas du tout sur le plateau. On est sur une sorte d’épopée blues. »
LA CRÉATION SONORE A UNE TRÈS GRANDE IMPORTANCE DANS LA PIÈCE. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?
« Oui, c’est moi qui joue en live, à la guitare et à la pédale loop, qui permet de faire des boucles. Je construis des thèmes, des mélodies, des atmosphères musicales qui gonflent et qui viennent donner l’humeur de cette vampire. Le personnage a des souvenirs d’enfance qui viennent se mélanger avec son histoire d’aujourd’hui. On ne comprend pas quelle est la temporalité de ce qu’elle nous raconte et la guitare, pendant ce temps-là, est une sorte de conscience en arrière, qui des fois la met sur la piste de ce qu’elle ne peut pas encore entendre. La musique vient vraiment donner des humeurs à chaque séquence. C’est très monté, un peu comme un film de cinéma. »
POURQUOI AVOIR CHOISI CETTE FIGURE DU VAMPIRE ?
« À la base, cela vient d’un poème que nous avions écrit, qui finalement n’est plus dans le spectacle, on s’est basé pour faire une balade contée à la Cinémathèque Française, sur le thème du vampire. Se posait alors la question de la mémoire. On parle du côté romantique des vampires qui vivent 300, 500, 1500, 2000 ans, mais on s’est posé la question : Est-ce que la mémoire des vampires reste fonctionnelle pendant tout ce temps ? Il y a aussi cette volonté de rompre avec cette image glamour des vampires. Le paradoxe du vampire c’est de se dire que l’immortalité rime avec liberté, mais cette dernière est conditionnée à un rythme redoutable : au petit matin, il faut aller se terrer sinon le soleil vous brûle. Avec la Compagnie, on travaille beaucoup sur le fantastique : on a déjà évoqué les sorcières ou les ogres dans nos spectacles et on trouvait cette figure du vampire intéressante. Il y a quelque chose de très humain chez le vampire, contrairement à la bestialité du loup-garou par exemple. »