Souvent associés à leur camion rouge et à leur sirène légendaire, les pompiers sont surnommés les « soldats du feu », appellation en réalité bien trop minimaliste. En effet, ils interviennent au quotidien sur des missions variées, allant des incendies aux secours d’urgence, en passant par les accidents, les catastrophes naturelles et la protection des personnes et des biens. Immersion dans les coulisses du Centre de secours et d’incendie de Franconville / Le Plessis Bouchard avec pour guide, le lieutenant Etienne, chef de centre.
« SOLDATS DU FEU » ? PLUTÔT TOUT-TERRAIN !
Le lieutenant Etienne ne résume pas sa profession par « soldats du feu », « Seulement 7% de nos interventions consistent à éteindre des incendies.
La plupart du temps nos interventions consistent à protéger les personnes, les animaux, les biens et l’environnement en portant secours et en agissant face aux situations d’urgence », explique-t-il. En effet, le secours à personne représente 79% des interventions de son équipe au quotidien.
ESPRIT DE CORPS ET SOLIDARITÉ
Le chef du centre de secours. évoque aussi un autre pan du métier de pompier, celui de la relation humaine, « Nous sommes souvent confrontés à la
détresse, à la misère sociale ou même parfois à la violence. Nos missions nous font entrer régulièrement dans l’intimité des gens », révèle-t-il. Ces interventions intensifient leur dévouement à la population qui s’illustre dans la vie de tous les jours. Pour exemple, le jour de la tornade d’octobre 2025, lorsqu’un pompier volontaire en civil, accompagné de sa famille a donné l’alerte et est intervenu pour mettre en sécurité au plus vite les sinistrés, preuve d’un sens d’engagement civique marqué.
Cette solidarité se retrouve également entre collègues. « En dehors des interventions parfois difficiles, la vie collective nous rapproche. Nous sortons ensemble, partageons des moments, faisons du sport et tissons des liens très forts.
Nous avons un langage et des codes communs », explique le lieutenant. « Je suis très reconnaissant du professionnalisme et de l’engagement de nos sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. Nous avons une équipe soudée et engagée pour la population. » précise t-il.
Il reconnaît également que son métier influence son regard sur la vie. « Je suis souvent témoin du désarroi. En tant que père de famille, il y a parfois un transfert personnel qui se produit. Ce que voit un sapeur-pompier dans sa carrière fait relativiser beaucoup de choses. Il faut parfois savoir prendre des distances », confie le lieutenant avec 36 ans de carrière à son actif. Un « recul » indispensable qui permet de garder son sang-froid en intervention.
FORMATION À VIE
Face à l’évolution des risques et du matériel, les sapeurs-pompiers se forment tout au long de leur carrière. « C’est ce qui nous permet d’être résilients », précise le lieutenant. L’évolution concerne aussi bien la construction que la technologie. « On ne peut plus intervenir de la même manière sur les véhicules électriques par exemple », détaille le chef du centre de secours.
LA MINUTE PRÉVENTION DU LIEUTENANT ÉTIENNE
Fort de son expérience, le lieutenant offre plusieurs conseils de prévention, « Il est indispensable d’installer un détecteur autonome de fumée chez soi. Ce n’est pas le feu qui tue directement, mais les gaz toxiques provoqués par le feu. Une famille a récemment été sauvée par ce dispositif en pleine nuit », relate-t-il. Par ailleurs, il recommande également de se former aux gestes qui sauvent. « Il est important, par exemple, de savoir réaliser un massage cardiaque mais aussi d’arrêter une hémorragie ou d’utiliser un défibrillateur dans l’attente des secours », détaille-t-il.
Les femmes répondent à l’appel
Depuis quelques années, la profession s’est féminisée et continue à attirer de plus en plus de jeunes femmes. À Franconville, sur les 26 jeunes de la section des jeunes sapeurs-pompiers, deux tiers environ sont des jeunes filles âgées de 14 à 18 ans. La caserne compte aussi deux femmes pompiers professionnelles et onze volontaires dans leurs rangs.
3 QUESTIONS À …
Margaux, pompier volontaire, 19 ans
QU’EST-CE QUI MOTIVE VOTRE ENGAGEMENT ?
J’ai un grand-père militaire et un cousin pompier. J’ai donc baigné dans l’univers depuis toute petite. Un jour, je devais avoir cinq ou six ans, il y a eu une maison incendiée et squattée dans ma rue. Lors de l’intervention des pompiers, je suis allée leur poser des questions. Ce jour-là, j’ai su que je voudrais exercer ce métier.
POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER VOTRE PARCOURS ?
J’ai grandi à Franconville. J’ai intégré la section des jeunes sapeurs-pompiers de la ville, de 13 à 17 ans. C’est juste après, que je me suis engagée en tant que pompier volontaire. Aujourd’hui, j’effectue mes gardes en parallèle de mes cours de licence STAPS – Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives.
QU’EST-CE QUE VOUS DIRIEZ À UN OU UNE JEUNE QUI HÉSITE À S’ENGAGER ?
Je lui dirais qu’il y a plein de missions et de ne pas se brider. Je lui conseillerais de se renseigner et de se rendre aux journées portes ouvertes. Être pompier apporte un engagement humain et des valeurs fortes, je fais des gardes dans plusieurs casernes et à Franconville je retrouve un véritable esprit de famille, nous sommes très soudés.
DEVENIR POMPIER, MODE D’EMPLOI
Plusieurs voies d’accès sont possibles pour devenir pompier. Les pompiers professionnels exercent à temps plein et passent le concours à la fonction publique territoriale. Alors que les pompiers volontaires en font une activité parallèle, en plus d’un autre métier. Pour exercer, tous doivent suivre un « tronc commun » de formation multirisques, sur six à sept semaines. Il est ensuite possible de se spécialiser par des formations complémentaires sur des risques plus spécifiques.
Par ailleurs, au centre de secours de Franconville, une section de jeunes sapeurs-pompiers (14 à 18 ans) permet aux plus jeunes de découvrir le métier avant de s’engager.
Le lien pour candidater comme sapeur-pompier volontaire : https://www.pompiers95.fr/