Artès Création : fait vibrer l’âme du bois en Brière - Parc naturel régional de Brière - Une autre vie s'invente ici

Compatibilità
Salva(0)
Condividi

Julie Malaboeuf a installé son atelier, Artès Création, à Saint-André-des-Eaux en 2023. Entre menuiserie d’art, mosaïque de bois et valorisation du morta, elle insuffle une dimension artistique à l’artisanat du bois. Elle nous partage son parcours, ses fiertés et son ambition de créer un tiers-lieu engagé.

Quel a été votre parcours avant de devenir menuisière d’art en Brière ?

« J’ai toujours baigné dans l’art : petite, j’étais danseuse et j’ai ensuite fait des études de styliste-modéliste à Nantes. C’est lors d’un séjour de dix ans à la montagne, en Haute-Savoie, que j’ai découvert l’amour du bois grâce à des amis de l’époque qui étaient menuisiers charpentiers. À mon retour à Guérande, ma ville d’origine, j’ai passé mon CAP de menuisier fabricant pour approfondir mon bagage technique. »

Comment décririez-vous votre univers artistique et votre savoir-faire ?

« Ma touche personnelle, c’est la réalisation de mosaïques de bois où j’assemble des fragments de bois massif pour jouer sur les textures, les couleurs et les formes. Je suis quelqu’un de très sensible et cela se ressent au travers de mes œuvres, car je travaille beaucoup la matière brute. J’ai décidé de créer Artès en 2021, lorsque j’ai ressenti le besoin de réunir pleinement l’art et la menuiserie pour créer des pièces qui ont du sens. »

Vous avez récemment réalisé une pièce majeure pour une créatrice locale. Pouvez-vous nous en parler ?

« Hélène Pagnon, artisane créatrice de bijoux en morta, m’a fait une commande de comptoir pour sa boutique, un projet pour lequel j’ai tout conçu, du dessin à la fabrication. J’en suis très fière, car je lui ai fait une petite surprise : j’ai incrusté du morta directement dans le plateau pour marquer ce beau partenariat. C’est gratifiant de voir ce meuble installé dans le magnifique bâtiment de JHP Morta et de savoir qu’Hélène m’a fait pleinement confiance. »

Le morta semble désormais essentiel à votre démarche. Comment l’utilisez-vous ?

« Travailler le morta m’intimidait au début. Celui que l’on appelle l’or noir des marais est un bois en cours de fossilisation extrait du sous-sol des marais de Brière. C’est un matériau précieux, chargé de 5 000 ans d’histoire ! Grâce à l’association ABAM (Association briéronne des artisans du morta), j’ai pu sauter le pas et je l’intègre désormais dans mes tableaux de mosaïque ou mes meubles pour apporter de la profondeur. C’était émouvant, pour moi, de réaliser mon premier tableau, car je voulais respecter ce bois millénaire en utilisant uniquement mes outils à main. »

Vous portez le projet de créer un tiers-lieu à destination des artisans d’art et des artistes locaux. De quoi s’agit-il ?

« L’idée est de créer un lieu hybride, une sorte de “ruche” associative qui rassemblerait des ateliers partagés pour artisans d’art, un showroom et un pôle de transmission. Cette “Maison des s’avoir-faire” serait un espace de rencontre, de mutualisation des outils et des compétences entre artisans. Ce serait un moyen de sortir de l’isolement et gagner en visibilité, tout en proposant une galerie d’exposition et de vente directe au public. Ce lieu serait ouvert à tous, aux adultes comme aux jeunes, pour des initiations à la sculpture du bois. »

Votre activité est désormais labellisée « Valeurs Parc ». Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

« Mon travail s’inscrit naturellement dans les valeurs du Parc naturel Régional de Brière, dans le sens où je privilégie les matériaux durables, locaux et de récupération. Je n’utilise que du bois français et je participe même à l’extraction du morta en automne, avec les autres membres de l’association ABAM. C’est important, pour moi, d’aller chercher sur le terrain la matière que je transforme. Et c’est une fierté de défendre un artisanat vivant, ancré dans le territoire de la Brière et respectueux des ressources. »

Recapiti
t.thudor