Égalité femmes-hommes dans la santé : le regard de Léna, assistante qualité
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération de l’Hospitalisation Privée poursuit sa série consacrée à l’égalité en santé. Nous donnons la parole à des professionnels aux parcours variés afin de croiser les regards sur la mixité des équipes, l’évolution des métiers et l’accès aux responsabilités.
Léna a 25 ans. Elle travaille en Charente-Maritime aux cliniques de Saujon, principalement à la clinique Villa du Parc, tout en intervenant également à la clinique Hippocrate. Entrée dans l’établissement en 2021 au service technique, elle a ensuite évolué vers la qualité. Elle occupe aujourd’hui le poste d’assistante qualité.
Une féminisation historique des métiers du soin
Selon la DREES, près de 90 % des infirmiers et aides-soignants sont des femmes. Pour Léna, cette forte féminisation peut s’expliquer par des représentations sociales encore ancrées.
Elle estime que les femmes sont souvent perçues comme ayant davantage de patience et d’écoute auprès des patients. Ces qualités relationnelles sont fréquemment associées au soin.
Dans les établissements où elle travaille, des infirmiers hommes sont également présents, même s’ils restent moins nombreux. En psychiatrie, la mixité revêt une dimension particulière. Lors de situations de crise, la présence d’hommes peut parfois être nécessaire pour sécuriser la prise en charge. Les équipes sont donc organisées afin de garantir une présence masculine dans chaque unité.
Féminisation du corps médical : une évolution positive
En 2025, les femmes sont devenues majoritaires parmi les médecins pour la première fois. Pour Léna, cette évolution constitue une avancée.
Elle souligne l’intérêt d’avoir des regards différents dans l’exercice de la médecine. Certaines patientes peuvent se sentir plus à l’aise pour aborder des sujets sensibles avec une femme médecin. La relation de soin repose aussi sur ce sentiment de confiance.
Cette diversité contribue à enrichir les échanges et à mieux répondre aux attentes des patients, en particulier en psychiatrie où l’écoute et la parole occupent une place centrale.
La mixité des équipes, un facteur d’équilibre
Pour Léna, la mixité femmes-hommes est bénéfique pour la dynamique collective. Elle observe que des équipes mixtes favorisent un meilleur équilibre.
Elle évoque son propre parcours au service technique, où elle était la seule femme. Sa présence apportait, selon ses collègues, une « touche féminine ». Cette expérience illustre l’intérêt d’associer des profils différents.
La mixité permet également aux patients de s’adresser au professionnel avec lequel ils se sentent le plus à l’aise. Certains préfèrent échanger avec un homme, d’autres avec une femme. Cette diversité améliore la qualité de la prise en charge.
Encourager les femmes vers les responsabilités
Concernant l’accès aux postes de direction et de gouvernance, Léna insiste sur l’importance des modèles. Mettre en avant des directrices et des parcours féminins réussis peut encourager d’autres femmes à se projeter dans ces fonctions.
Elle observe que dans son établissement, la direction est incarnée à la fois par un PDG et une directrice. Cette représentation mixte constitue un signal positif.
Toutefois, elle rappelle que ces postes restent exigeants et impliquent des contraintes importantes sur la vie personnelle. L’accès aux responsabilités doit donc s’inscrire dans un équilibre choisi et adapté aux aspirations de chacune et chacun.
À travers ce témoignage, la FHP rappelle que l’égalité en santé repose sur la mixité des équipes, la diversité des parcours et la valorisation de tous les talents. En psychiatrie comme dans l’ensemble des établissements de santé, cet équilibre contribue à renforcer la qualité des soins et la cohésion des équipes.