Nature, Transition écologique Mise à jour le 1 avril 2026
Depuis 2021, le moustique tigre est présent à Rezé. D’où vient-il ? Quel risque présente-t-il ? Comment limiter sa prolifération ? Mercredi 8 avril, un spécialiste des moustiques éclairera habitantes et habitants lors d’un Goûter transitions à l’Espace Diderot.
Des moustiques à ne plus pouvoir rester dehors sans risquer d’être piqué. Une situation que nous avons toutes et tous vécue aux beaux jours. Si l’alternance de période de chaleur et de pluies favorise la prolifération de ces insectes, l’un d’eux est particulièrement surveillé par l’Agence régionale de santé de mai à novembre : le moustique tigre.
François Meurgey, entomologiste au Museum d’histoire naturelle de Nantes, présentera cet insecte le 8 avril prochain, lors d’un Goûter transitions. Un rendez-vous ouvert à toutes et à tous à l’Espace Diderot. Il donnera également de précieux conseils pour limiter sa prolifération. En savoir plus. En attendant, ce spécialiste des insectes nous révèle quelques caractéristiques du moustique tigre.
Il en parle
Rencontre avec François Meurgey, entomologiste au Museum d’histoire naturelle de Nantes.
Pourquoi le moustique tigre est-il particulièrement surveillé ?
Le moustique tigre, appelé scientifiquement « Aedes albopictus », fait l’objet sur notre territoire d’une surveillance renforcée par l’Agence régionale de santé car il peut être vecteur de maladies graves comme le chikungunya, la dengue ou le zika. Il n’est pas lui-même porteur de ces virus, mais peut les transmettre s’il a piqué, au préalable, un individu déjà infecté. Ce sont en général des personnes de retour de voyage aux Antilles, zone tropicale où ces maladies sont très développées. Les autres moustiques présents sur notre territoire n’ont pas cette capacité à transmettre ces virus, c’est pourquoi seul le moustique tigre est particulièrement surveillé.
Doit-on en avoir peur ?
La mortalité due aux virus transmis par les moustiques reste faible. Il est toutefois important de prendre en charge ces affections le plus tôt possible. S’il n’y a aujourd’hui pas de risque d’épidémie en France hexagonale, ce risque n’est pas à écarter à moyen terme. Avec des impacts sur l’accès aux soins et l’économie. Limiter la prolifération du moustique tigre permet ainsi de réduire les risques d’avoir de plus en plus de cas de chikungunya, de dengue ou de zika. Contrairement aux idées reçues, le moustique tigre n’est pas agressif. Seule la femelle pique par obligation, car elle a besoin du sucre présent dans notre sang pour pondre ses œufs. Ce que nous devons avoir à l’esprit : c’est sa forte capacité à se reproduire. Une femelle peut pondre jusqu’à 50 œufs tous les 4 jours !
Alors, que peut-on faire pour limiter sa prolifération ?
Éradiquer complètement le moustique tigre n’est pas possible. Mais limiter sa prolifération est à la portée de toutes et de tous les habitants. Nous pouvons en effet agir sur les « gîtes » dans lesquels la femelle s’installe pour pondre ses œufs. Coupelles de pots de fleurs, seaux, arrosoirs, gouttières bouchées contenant de l’eau stagnante… sont autant d’endroits que le moustique tigre affectionne pour se reproduire. Il lui suffit d’un centimètre d’eau seulement. Et 80% de ces « gîtes à moustiques » se trouvent chez les particuliers. Les 20% restants sont du ressort des collectivités. La lutte contre la prolifération du moustique tigre est donc un véritable travail collectif.
Est-ce que la démoustication est la solution ?
Non. La démoustication, souvent plébiscitée par les habitantes et les habitants, est une fausse bonne idée. Pour être efficace, elle devrait, si les cas d’arboviroses venaient à se multiplier, être opérée presque toutes les semaines, avec des effets désastreux sur la biodiversité. Et cette opération ne fonctionne que sur les moustiques adultes, pas sur les larves.
Alors quelle est la meilleure solution ?
Agir sur les « gîtes » est en revanche une solution réellement efficace. Tout comme la réintroduction des prédateurs naturels, tels que les chauves-souris, martinets ou hirondelles de fenêtre qui se nourrissent de moustiques. Une chauve-souris peut en avaler entre 2 000 à 4 000 par nuit : un véritable aspirateur naturel ! Avoir une mare équilibrée dans son jardin favorise également la présence de libellules, un autre anti-moustique infaillible. Des actions sont possibles chacun à notre niveau. Ne laissons pas les moustiques tigres se développer !
Le moustique tigre présent à Rezé depuis 2021
Depuis 2004, le moustique tigre colonise progressivement le territoire national. Il s’étend surtout dans des environnements périurbains, ainsi que dans des zones urbaines très denses. Début 2026, 62 communes de la région des Pays de la Loire étaient colonisées, dont Rezé depuis 2021. Des pièges pondoirs sont installés sur la commune pour surveiller son extension.
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62
communes colonisées par le moustique tigre en Pays de la Loire début 2026
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9
pièges pondoirs à Rezé en 2025
Chiffres clés
Comment reconnaître le moustique tigre ?
Quelques signes ne trompent pas pour le repérer :
- sa petite taille (pas plus grande qu’une pièce d’un centime d’euro) ;
- son corps rayé de noir et de blanc, avec une ligne centrale blanche allant de la tête au thorax ;
- ses pattes arrière noires avec des bandes blanches avec l’extrémité blanche ;
- sa discrétion (comparé à d’autres moustiques, on ne l’entend pas venir) ;
- son activité en journée, jamais la nuit (souvent en début et en fin de journée).
Adopter les bons réflexes
Pour ne pas laisser le moustique tigre s’installer, quelques gestes simples peuvent être réalisés :
- Vider au moins une fois par semaine : coupelles de pot de fleur, brouettes, seaux, arrosoirs, gamelles pour animaux, pieds de parasol, plis de bâches, jeux pour enfants….
- Couvrir de façon hermétique ou avec une moustiquaire : récupérateurs d’eaux de pluie, bidons et fûts, petites piscines…
- Vérifier qu’il n’y a pas d’eau stagnante : gouttières, regards d’eau pluviale, rigoles avec grilles…
- Signaler le moustique tigre sur la plateforme dédiée