Dans un contexte marqué par l’urgence climatique, la circulation massive de fausses informations et la défiance croissante envers les institutions scientifiques, la rigueur scientifique est un enjeu démocratique majeur. C’est autour de cette conviction que l’Université Grenoble Alpes (UGA) et l’Université de Sherbrooke officialisent un partenariat stratégique international, après plus de dix ans de coopération.
Avec cette alliance, les deux universités franchissent un cap : structurer un espace franco-canadien de recherche, de formation et de dialogue pour renforcer la place de la science dans les décisions climatiques internationales. Au cœur de cette dynamique, l’UGA et Sherbrooke lancent une Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique, conçue comme une réponse universitaire aux crises de confiance envers la science.
Une chaire pour faire de la science un outil de décision
La crise climatique regroupe des dimensions environnementales, mais également politiques, sociales, économiques et démocratiques. Elle interroge la manière dont les savoirs sont produits, partagés, contestés et mobilisés dans l’action publique.
La Chaire de recherche en diplomatie scientifique climatique vise précisément à renforcer les liens entre chercheurs, décideurs publics, diplomates, organisations internationales, acteurs économiques et citoyens. Son ambition est de faire circuler des connaissances robustes, compréhensibles et mobilisables, afin d’éclairer les décisions climatiques à l’échelle internationale.
Ses travaux porteront notamment sur le rôle des technologies émergentes dans la gouvernance climatique, la circulation des savoirs scientifiques dans l’espace public, l’inclusion des citoyens dans la production des connaissances et la mobilisation de l’expertise au service d’une action climatique concertée.
La chaire croisera sciences du climat, sciences politiques, droit, économie, sciences sociales, technologies émergentes, environnement et participation citoyenne.
Cette approche interdisciplinaire est au cœur du partenariat entre l’UGA et l’Université de Sherbrooke. Elle permet de penser la décision climatique autrement, comme un dialogue entre savoirs, institutions, technologies et société.
Elle contribuera également à former des étudiantes, étudiants, doctorantes, doctorants, chercheuses et chercheurs capables d’agir à l’interface entre science, diplomatie et décision publique.
Un partenariat stratégique entre l’Europe et l’Amérique du Nord
Du 1er au 3 juin 2026, l’UGA a accueilli une délégation de l’Université de Sherbrooke à Grenoble pour officialiser ce partenariat stratégique. Ces rencontres ont permis de mettre en perspective les collaborations déjà engagées et d’ouvrir de nouvelles coopérations en recherche, formation et innovation.
Les échanges ont porté sur plusieurs domaines structurants : santé, neurosciences, vieillissement, matériaux, énergie, quantique, diplomatie scientifique et climat. Ils se sont appuyés sur des visites de laboratoires et plateformes d’excellence de l’écosystème grenoblois, dont le Grenoble Institut des Neurosciences, le CEA, l’Institut Néel, le LEPMI et la Maison de la création et de l’innovation.
Le lancement institutionnel du partenariat s’est tenu le 2 juin 2026, en présence de Yassine Lakhnech, président de l’Université Grenoble Alpes, et de Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke.
Pour l’UGA, ce partenariat s’inscrit dans une ambition forte : affirmer le rôle d’une grande université de recherche comme acteur de transformation de la société, et renforcer un axe scientifique franco-canadien capable de faire dialoguer l’Europe et l’Amérique du Nord autour des grands enjeux climatiques, technologiques et sociétaux.
Face à la crise climatique et à la défiance envers la science, l’université a une responsabilité particulière : produire des connaissances rigoureuses, les transmettre, les mettre en débat et contribuer à leur mobilisation dans l’action publique.
En s’alliant avec l’Université de Sherbrooke autour de la diplomatie scientifique climatique, l’UGA affirme que la science doit contribuer à éclairer les choix collectifs, renforcer la confiance démocratique et donner aux citoyens comme aux décideurs les moyens d’agir face à la crise climatique.
Une coopération déjà structurante
Le Laboratoire nanotechnologies et nanosystèmes, implanté à Sherbrooke, illustre la profondeur de cette coopération. Porté par l’UGA, l’Université de Sherbrooke, le CNRS, l’INSA Lyon et Centrale Lyon, le LN2 est dédié aux nanosciences et à l’ingénierie quantique.
Multitutelle, international et interdisciplinaire, il constitue un exemple concret de coopération scientifique durable entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Il joue également un rôle important dans le transfert d’innovations vers le monde socio-économique, grâce à des projets menés avec des partenaires académiques et industriels.