Mis à jour le 09/07/2026
Le rapport APP 2025 dresse un panorama des actions menées par Inria en appui aux politiques publiques. À cette occasion, Sandrine Mazetier revient sur les évolutions marquantes de cette mission, les attentes des acteurs publics et les perspectives de développement pour les années à venir.
Nous publions le rapport annuel 2025 des activités d'Inria en appui des politiques publiques. De quoi parle-t-on concrètement à travers la notion d'appui aux politiques publiques ?
Le rapport de synthèse des activités en appui aux politiques publiques permet justement de le découvrir ! Il est d'abord produit pour notre Conseil d'administration qui en a délibéré le 12 juin dernier.
Depuis longtemps, Inria met son expertise scientifique et technologique au service de l'État, des collectivités et d'autres acteurs publics, comme le prévoit ses statuts. Pour la 2e année, le rapport caractérise dans ses modalités et ses champs cette expertise et la quantifie. On y trouve de nombreux exemples issus de tous nos centres.
Le rapport agrège les activités relevant du numérique en appui de politiques publiques (de nombreuses activités de l'institut, qu'elles soient pilotées nationalement ou à l'initiative des équipes ou des centres) et les activités de l'Agence de programmes qui sont, elles, directement en appui des stratégies nationales ou des politiques de l'Etat dans le numérique.
Que révèle le rapport APP 2025 de l'évolution de la mission d'appui aux politiques publiques d'Inria ?
L'année 2025 confirme la montée en puissance des activités en appui aux politiques publiques- ce qui est logique puisque c'est une année de plein exercice de l'agence de programmes, après une année de préfiguration en 2024 et également une année où on a encore plus parlé de numérique qu'avant, en particulier dans la foulée du Sommet de Paris sur l'IA (AI Action summit).
Pour exemple :
- Extension du réseau de partenariats institutionnels : 17 conventions signées ou en cours en 2025, contre 12 en 2024 — une progression nette.
- Émergence de nouveaux domaines au-delà des thématiques historiques santé/environnement : la sûreté et la résilience deviennent le premier poste (19,8 % des actions), notamment par la création d'INESIA lors de l'AI Action Summit, et par la montée des enjeux de droits/libertés et de diplomatie numérique.
- Structuration accrue de la relation avec l'écosystème régalien : renforcement des liens avec le SGDSN, l'ANSSI, VIGINUM, le ministère des Armées via Inria Défense et Sécurité, dans un contexte de tensions géopolitiques.
- Passage à l'échelle de certains outils : le langage Catala, adopté par la CNAF pour ses futurs moteurs de règles, illustre une bascule de projets de recherche vers des usages opérationnels à grande échelle dans l'administration.
- Dimension européenne plus affirmée : six consultations de la Commission européenne, signature d'un MoU avec le JRC, contribution au Code of Practice de l'AI Act.
- Approfondissement du partenariat CNIL (renouvelé pour 5 ans), consolidant plus de dix ans de coopération sur la régulation numérique et prenant la mesure des missions et responsabilités nouvelles de la CNIL comme d'Inria liées à l'AI Act.
Le rapport met en lumière la capacité d'Inria à être au rendez-vous des fortes attentes sociales en matière de souveraineté, de sécurité et de résilience.
Quels sont, selon vous, les prochains défis à relever pour renforcer cette contribution ?
D'abord passer davantage d'une logique de constatation a posteriori de collaborations avec la puissance publique dans sa diversité à une logique de conception dès l'origine de projets en appui d'acteurs publics, tout en préservant la diversité des formes et la capacité d'initiative de nos collègues partout en France.
Ensuite il y a bien sûr la question centrale du sourcing et du passage à l'échelle de projets à travers le programme Apollo, quand ça se justifie : plusieurs initiatives phares (Ju.N.I.Or, ou Traumatrix dans le domaine du numérique en santé, ou Junn (précédemment appelé jumeau numérique de la France et des territoires) sont encore en phase pilote ou de lancement ; le vrai test sera leur déploiement à grande échelle en 2026 et au-delà.
Enfin, il faut naturellement que les acteurs publics continuent à partager cette volonté et cette conviction que la mobilisation des expertises scientifiques, technologiques, pédagogiques d'Inria et de ses partenaires est un levier d'indépendance et de performance pour tous.
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