Le salon des oubliées — Frac Occitanie Montpellier

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Plusieurs des artistes présent·es dans l’exposition bénéficient pourtant d’une certaine reconnaissance, mais leurs productions s’avèrent tout de même peu montrées. De fait, le titre de l’exposition renvoie non pas à des artistes, mais à des œuvres.
Enfin, il est important de savoir que la plupart des lieux partenaires du Frac sont des lycées, collèges, universités, musées et centres d’art régionaux, lieux patrimoniaux, salles communales, associations, établissements de santé, foyers sociaux ou ruraux… Dans leurs murs, on n’expose pas des artistes parce qu’ils ou elles sont reconnu·es. Les choix faits par les partenaires et les équipes du Frac répondent d’abord à des objectifs de transmission et de sensibilisation à l’art. Les noms et les renommées qui leur sont généralement associées sont secondaires.

Il faudrait donc des heures et des jours, organiser un colloque entier ou écrire un ouvrage collectif sur le sujet pour donner du sens à ces « oubliées », comme il est impossible de donner des réponses sous le seul angle de la sociologie de l’art, des sensibilités et des courants esthétiques ou de l’esprit du temps.
En attendant que des chercheuses ou chercheuses se penchent sur le sujet, il s’agit aujourd’hui de mettre en valeur ces œuvres qui étaient peut-être invisibles mais non pas enterrées ! Certaines ne sont jamais sorties des réserves, d’autres une ou deux fois, d’autres encore ont été exposées une demi-douzaine de fois*. Mais dans l’ensemble, leur prêt sur plusieurs décennies s’avère discret.
Le but de l’exposition n’est pas non plus d’en faire des chefs-d’œuvre cachés, des trésors ressortis des limbes de l’Histoire de l’art. Aucun cynisme, aucune ironie, aucune (fausse) gloire de la redécouverte. Notre seul objectif est

de leur rendre hommage en tentant de construire une exposition sous l’égide malicieuse des salons académiques du XIXe qui révélaient les artistes, une exposition qui tienne la route malgré les disparités stylistiques, avec une vingtaine d’artistes d’origines et de parcours différents, créant un joyeux mélange de créations élaboré sans subjectivité, et qui se donnent rendez-vous à Perpignan, au centre d’art àcentmètresducentredumonde, dans l’ombre discrète de l’écrivain catalan et espagnol Enrique Vila-Matas, auteur de romans dont les récits se construisent souvent autour de rencontres hasardeuses et de concours de circonstances improbables.

Avec les artistes : Tjeerd Alkema (Pays-Bas), Jacques Bruel (France), Gabriele Di Matteo (Italie), Bert Duponstoq (Pays-Bas), Anika Eriksson (Suède), Emmanuelle Étienne (France), Seamus Farrel (Royaume-Uni), Brion Gysin (Royaume-Uni), Ross Hansen (Royaume-Uni), Masanao Hirayama (Japon), Konstantin Kakanias (Grèce), Jean Le Gac (France), Ulrich Meister (Suisse), Chantal Mélia & François Loriot (France), Sylvie Nayral (France), David Renaud (France), Samuel Richardot (France), Dario Robleto (États-Unis), Denis Roche (France), Joe Scanlan (États-Unis) et Éric Watier (France).

Texte et commissariat : Céline Mélissent et Éric Mangion, avec la complicité de l’équipe du centre d’art àcentmètresducentredumonde (Martine Viale et Salvador Pavia).

Recapiti
Alice Renault