La chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes a procédé au contrôle de la politique de soutien au thermalisme de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) au titre de l’exercice 2019 jusqu’à la période la plus récente, dans le cadre d’une enquête thématique régionale relative aux villes thermales.
Le thermalisme est une activité historiquement centrée autour des cures thermales de 18 jours dont une partie du coût est prise en charge par l’assurance maladie. Face à un risque récurrent de déremboursement et à une diminution de cette activité dite « traditionnelle », certaines régions, qui disposent de la compétence tourisme, tentent de faire évoluer ce secteur.
C’est le cas de la région AURA et du plan thermalisme dont elle s’est dotée en 2017, qui a identifié ces risques et a eu pour principal objectif de devenir la région de référence sur le champ de la prévention en matière de santé et du bien-être thermal.
Pour y parvenir, elle a souhaité décloisonner le thermalisme des autres politiques publiques et des autres activités touristiques, telles que le sport et la culture notamment par la création du concept de station thermale de pleine santé. Celle-ci est identifiée comme une destination touristique à part entière qui propose des offres globales au sein de laquelle il est possible de pratiquer des activités autour des piliers de la prévention santé (gestion du mental, nutrition santé et activités physiques dans un environnement préservé). Six stations proposent actuellement cette offre.
Afin que ce concept puisse se développer, et de dynamiser l’activité des stations dont certaines n’avaient pas les moyens d’investir, le plan thermalisme adopté en 2017 puis le plan tourisme courant de 2022 à 2028, ont permis le financement à ce jour de plus de 100 M€ d’investissements dans les stations et les villes thermales, dont 35 M€ directement consacrés au thermalisme.
Ces aides ont permis de moderniser les stations thermales mais également les équipements et aménagements qui les jouxtent.
La chambre, qui n’a pas procédé à une évaluation ad hoc mais s’est basée sur les données disponibles au sein des services de la région, n’a pas été en mesure de se prononcer sur l’efficacité des mesures mises en place, en raison de l’absence d’objectifs chiffrés des plans de soutien au thermalisme, et par conséquent, d’indicateurs de suivi. Elle n’a pas non plus été en mesure de juger de l’atteinte des objectifs fixés aux stations thermales qui ont bénéficié d’aides, notamment en matière de développement durable (gestion des eaux et des boues), pour les mêmes motifs.
RECOMMANDATIONS
Recommandation n° 1. (performance) : Définir et suivre des objectifs et indicateurs d’efficacité de la politique thermale régionale.
Recommandation n° 2. (performance) : Définir et suivre des objectifs quantitatifs et des indicateurs associés permettant de mesurer l’atteinte des objectifs fixés aux bénéficiaires des subventions régionales.
Recommandation n° 3. (performance) : Suivre et contrôler a posteriori l’utilisation des subventions allouées.