À l’issue du conseil municipal du 14 septembre 2026, la Ville de Baugé-en-Anjou a décidé de ne pas poursuivre la procédure de mise en compatibilité du Plan local d’urbanisme (PLU) engagée pour permettre la réalisation d’un projet de centrale photovoltaïque
dans la forêt du Pugle, à Vaulandry.
Depuis plus de cinq ans, la société Urbasolar travaillait au développement de ce projet sur une parcelle de 16,7 hectares située au nord-est du territoire communal. La centrale devait compter 25 152 modules photovoltaïques, pour une puissance totale de 16 097 kWc et une production annuelle estimée à 17 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 7 960 habitants.
Afin d’accompagner le projet, la Ville avait engagé en 2024 une déclaration de projet valant mise en compatibilité du PLU, la parcelle étant classée en zone naturelle.
Une décision fondée sur la sobriété foncière
Après examen des différentes études, notamment environnementales, et des avis rendus au cours de la procédure, dont plusieurs défavorables, notamment ceux de la CDPENAF et de l’État, la municipalité a choisi de ne pas poursuivre la procédure et, par conséquent, l’enquête publique qui devait lui être associée.
Pour le maire de Baugé-en-Anjou, Philippe Chalopin, cette décision est le fruit d’une analyse approfondie : « Nous avons souhaité examiner ce projet avec sérieux et objectivité. Il présentait plusieurs points forts, notamment en matière de production d’énergie renouvelable et de contribution aux objectifs du PCAET Baugeois Vallée. »
Le projet devait en effet représenter 50 % de l’objectif de production fixé par le PCAET à l’échelle de Baugeois Vallée. La municipalité a également pris en compte les mesures prévues en matière de sécurité incendie, la valorisation d’une friche naturelle difficile à convertir ainsi que les dispositions environnementales et compensatoires envisagées. Mais l’emprise foncière du projet a finalement constitué un élément déterminant dans la décision.
« L’emprise foncière du projet, de près de 17 hectares, apparaît aujourd’hui importante et impactante au regard des bénéfices attendus pour le territoire », souligne Philippe Chalopin.
Préserver les capacités foncières de la commune
La question de la consommation foncière s’inscrit dans un contexte réglementaire où les collectivités doivent désormais maîtriser fortement leurs capacités d’artificialisation, notamment dans le cadre de l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN).
La parcelle concernée conservant une nature forestière, son défrichement n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration officielle, elle serait comptabilisée dans la consommation foncière au titre du PLU.
« Dans un contexte où la maîtrise de la consommation foncière constitue un enjeu majeur pour les collectivités, nous considérons qu’une consommation de près de 17 hectares ne peut être justifiée par les seuls bénéfices du projet », explique le maire.
Cette consommation foncière aurait notamment des conséquences sur les possibilités futures de développement et d’urbanisation de Baugé-en-Anjou, alors que les capacités foncières des collectivités sont fortement contraintes.
« Nous assumons une position claire : nous ne souhaitons pas engager notre territoire dans un projet dont l’impact foncier apparaît disproportionné au regard des contreparties qu’il apporterait à la collectivité », affirme Philippe Chalopin.
Un projet désormais abandonné
Cette décision a été expliquée directement à Urbasolar. Les échanges avec le porteur de projet ont permis de partager les différents éléments d’analyse et de clarifier la position de la municipalité. Urbasolar a pris acte de cette décision et a finalement décidé de renoncer à poursuivre le projet, en demandant le retrait du permis de construire.
Pour la municipalité, cette décision ne remet pas en cause la nécessité de poursuivre le développement des énergies renouvelables sur le territoire. Elle traduit le choix de rechercher un équilibre entre les objectifs énergétiques, les besoins de développement de la commune et la préservation des espaces disponibles.
« Cette décision illustre notre volonté de concilier développement du territoire, valorisation des sites existants et préservation du foncier, dans une logique de responsabilité et de sobriété foncière », conclut Philippe Chalopin.