Été 2026. Le Loiret a vécu une saison inédite en matière de feux de forêt et d’espaces naturels. La France aussi. Cela a suscité de nombreuses vocations parmi les civils : les candidats pour rejoindre les rangs des sapeurs-pompiers volontaires ont été plus nombreux que d’habitude.
« L’activité opérationnelle hors norme de cet été a provoqué une augmentation des candidatures chez les sapeurs-pompiers volontaires (SPV). Tous les mois, dans le département, on enregistre 30 à 40 postulants. En juillet et août, ils étaient 160 », s’exclame Michel Gougou, responsable du service Développement et Promotion du volontariat au Sdis 45.
« Je veux me sentir utile ! »
Cet été, l’âge moyen des aspirants se situait entre 35/40 ans, contre 16/25 habituellement. Tous ont la volonté de se rendre utiles. À l’image de Jean-Louis : « Cet été, à deux kilomètres de chez moi, il y a eu le feu. Le vent a soudainement changé de direction, menaçant un groupe de maisons. J’ai sonné aux portes. Les flammes atteignaient déjà cinq mètres, tout s’embrasait comme une allumette. Et, dans un jardin, il y avait des animaux. Les pompiers que j’avais appelés sont arrivés et les ont sauvés !
Je me suis senti inutile et ai décidé : j’ai 36 ans ; je suis jeune, en bonne santé ; je peux dégager du temps car je travaille comme indépendant… alors j’ai candidaté. J’ai passé un entretien avec un lieutenant pour expliquer ma motivation. Reste à faire un contrôle médical et l’examen des recrues (sport, mathématiques et français). Et, si je suis accepté, je suivrai une formation afin d’aller au feu début 2027. Dans l’intervalle, je serai là en observateur. J’ai conscience qu’il y a un fort besoin de sapeur-pompiers de proximité. Je m’engage pour être solidaire avec mes voisins, mes concitoyens… »
Ils ont besoin de vous !
« Nous recherchons tous les profils. C’est ce qui fait la richesse du volontariat. Les SPV assurent une réponse au plus profond du territoire. Ce sont les feux d’ampleur inédites qui ont poussé ces civils à s’engager. Ils se demandaient comment ils pouvaient aider. Aujourd’hui, il existe une spécialisation Feux de forêt qui, bientôt, fera partie du tronc commun de la formation des sapeurs-pompiers. En effet, ce que nous avons vécu lors de cette saison estivale deviendra la norme », déclare Michel Gougou.
Candidater... Pourquoi pas vous ?
Vous voulez devenir sapeur-pompier volontaire pour protéger la population et sauver des gens ? Proposez votre candidature ici.
« Vous êtes motivés, capables de vous sortir d’une mauvaise situation ? Vous devez possédez des aptitudes physiques, mais aussi et surtout de la détermination et la volonté pour, avec de l’entraînement être capable, par exemple, de monter rapidement des escaliers avec du matériel…
Tous les profils nous intéressent, à condition que vous soyez en situation régulière, que votre casier judiciaire soit vierge, que vous ayez au moins seize ans et que vous résidez ou travaillez à côté du centre d’incendie et de secours où vous souhaitez vous engager. Vous serez formés et travaillerez toujours, au moins, en binôme. Vous pouvez aussi choisir l’engagement différencié et vous investir dans les missions de secours à personnes et d’opérations diverses. Cela nous est aussi très utile.
Désormais, les postulants souhaitent s’engager pour 3 à 5 ans. Pour ceux qui se lancent sur une dizaine d’années, il existe des possibilités de monter en compétences et d’acquérir de nouvelles responsabilités, notamment en termes de management. Les employeurs sont favorables au recrutement des sapeurs-pompiers volontaires qui par définition possèdent le goût de l’effort, sont volontaires et peuvent intervenir très rapidement sur place en cas de problème », constate Michel Gougou.
Vous avez entre 12 et 18 ans, vous pouvez devenir Jeune sapeur-pompier (JSP) afin d'apprendre les gestes qui sauvent, de développer votre esprit d'équipe et de vous préparer à un futur engagement au service des autres. Vous trouverez toutes les informations ici.
Quelques chiffres
- 80 % des pompiers sont volontaires en France
- Les pompiers comptent maintenant 25 % de femmes dans leurs rangs.
- 160 personnes ont candidaté sur le site du Sdis 45 cet été.
Les bons réflexes à adopter à tous
Chacun doit se rappeler que 9 feux sur 10 sont d’origine humaine et liés à des imprudences… La prévention reste donc notre meilleure arme : un geste de prudence peut éviter l'engagement de dizaines de sapeurs-pompiers et la destruction de plusieurs hectares de végétation.
- Ne jamais jeter de mégot au sol ou par la fenêtre d'un véhicule : mal éteint, il peut enflammer des herbes sèches en quelques secondes.
- Éviter les feux et barbecues à proximité de la végétation : même sous surveillance, une braise ou une projection peut provoquer un départ de feu.
- Reporter les travaux générant des étincelles : meuleuse ; débroussailleuse ; soudure ou travaux agricoles peuvent être à l'origine d'incendies, particulièrement lors des journées chaudes, sèches et venteuses.
- Entretenir et débroussailler son terrain : une végétation maîtrisée limite la propagation du feu et protège l’environnement (habitations...).
- Ne pas stocker de matières inflammables contre les bâtiments : bouteilles de gaz ; carburants ou combustibles...
La sécheresse est toujours là : il faut rester vigilant !
Édith Combe