Confrontée à l’absence d’une offre de cinéma dans son centre-ville, la commune de Crépy-en-Valois a souhaité, au début des années 2000, faire étudier l’hypothèse de la création d’un complexe, composé de quatre salles, pour une capacité totale de 500 à 600 places, et d’un restaurant. Pour ce faire, l’initiative a été prise par la SEMIVAL, avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la société « Ambiance compiégnoise ». Ces trois partenaires sont devenus actionnaires de la société par actions simplifiée (SAS) « Cinémas du Valois », créée à cette fin en 2011. Après les premières études et le lancement des travaux, en octobre 2012, la SEMIVAL a acquis les parts de la CDC, devenant actionnaire à 80 % de la SAS. Le complexe, doté de 548 places, quatre salles et un restaurant, a ouvert en août 2013.
Préalablement, les actionnaires de la SAS avaient décidé, par anticipation, de définir les modalités d’exploitation du complexe, de façon définitive, pour les périodes de 2013 à 2018, puis pour les années suivantes. L’assemblée générale de la SAS a décidé que, pour la première période, l’exploitation serait assurée par Cinémas du Valois, avec l’appui technique d’Ambiance compiégnoise, puis qu’elle incomberait à cette dernière à compter de 2018. Il a ainsi été acté à l’avance, d’une part, la future cession du fonds commercial, de la SAS à Ambiance compiégnoise, dans des conditions et pour un prix déjà fixés et, d’autre part, l’engagement d’un bail commercial de neuf ans, au profit de la même société.
Ces engagements ont été pris en dépit de l’importance des fonds publics mobilisés pour ce projet, et sans anticiper quels pourraient être les effets des cinq premières années d’exploitation de la salle sur les équilibres et les enjeux financiers. Ils ont permis à Ambiance compiégnoise, dont le président dirige aussi la SAS Cinémas du Valois, d’acquérir une expérience qu’elle ne possédait pas initialement en matière d’exploitation de salles de cinéma.
Si cette première période d’exploitation s’est traduite par une fréquentation plus élevée que les estimations initiales, les résultats financiers sont demeurés négatifs pour la SAS, notamment en raison des charges excessives facturées par Ambiance compiégnoise. De plus, le prix de cession du fonds de commerce au profit de cette société, fixé préalablement et de façon estimative, apparaît manifestement sous‑évalué par rapport à celui qui aurait résulté d’une valorisation effectuée au moment de la vente, sur le fondement de données actualisées. Cela a aussi contribué à dégrader la santé financière de la SAS Cinémas du Valois, sans toutefois que la SEMIVAL, son actionnaire principal, ne prenne de mesure corrective.
Alors qu’elle a acquis, en 2018, le fonds de commerce du cinéma, la société Ambiance compiégnoise a quitté le capital de la SAS, qui est désormais une filiale à 100 % de la SEMIVAL. La cession de l’exploitation du cinéma a pour effet de cantonner la mission de Cinémas du Valois à la gestion immobilière de cet équipement et du restaurant attenant.
Dès lors que ses finances sont grevées de l’emprunt contracté pour la construction du cinéma et du restaurant – et ce, jusqu’en 2029, terme dudit emprunt – ainsi que de la rémunération des fonds apportés par la SEMIVAL, les perspectives de redressement financier de la SAS sont faibles à court comme à moyen terme. La SAS Cinémas du Valois ne doit en effet ses équilibres qu’aux apports de la SEMIVAL, notamment sur comptes courants d’associés. Or, ceux-ci constituent autant de dettes qui devront, elles-aussi, être remboursées à terme.