Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027, le musée du Louvre à Paris consacre une exposition à Francisco de Zurbarán (1598-1664), figure majeure de la peinture espagnole du Siècle d’or. Célèbre pour ses scènes religieuses, ses figures monumentales et ses natures mortes d’une grande sobriété, le peintre fascine par son art de la lumière, ses contrastes saisissants et son attention aux matières. Cette rétrospective invite à redécouvrir une œuvre qui ne se limite pas à la peinture sacrée : derrière les robes des saints, les objets du quotidien et les fonds sombres se révèle un artiste d’une remarquable sensibilité picturale. Exposition Zurbarán au musée du Louvre, ou la lumière, les couleurs et le silence d’un grand maître espagnol !
Un maître du Siècle d’or espagnol
Né en 1598 à Fuente de Cantos, en Estrémadure, Francisco de Zurbarán s’impose au XVIIe siècle comme l’un des grands noms de la peinture espagnole, aux côtés de Diego Velázquez et de Bartolomé Esteban Murillo. C’est principalement à Séville, alors l’une des grandes villes commerciales et artistiques d’Europe, qu’il développe sa carrière. Les communautés religieuses lui commandent de vastes ensembles destinés aux églises et aux couvents.
L’artiste excelle dans la représentation des saints, des moines et des épisodes de la tradition chrétienne. Mais réduire son œuvre à sa dimension religieuse serait oublier l’essentiel : Zurbarán est aussi un peintre des formes, des matières et de la lumière. Les plis lourds d’un vêtement, la blancheur d’un tissu, la surface d’un vase ou la peau d’un fruit acquièrent sous son pinceau une présence presque palpable.
Son style repose sur des compositions épurées, des personnages solidement construits et un clair-obscur qui fait émerger les figures de fonds souvent sombres. Cette économie de moyens renforce la force expressive de ses tableaux. Ses natures mortes, notamment, témoignent d’une attention exceptionnelle portée aux objets les plus simples.
Le catalogue raisonné d’Odile Delenda, publié par le Wildenstein Institute en 2009 et fourni pour préparer cet article, éclaire cette diversité. Il souligne aussi l’importance du travail d’atelier et la nécessité de distinguer les œuvres du maître de celles de ses collaborateurs et imitateurs. Cette approche scientifique permet de mieux comprendre la singularité de Zurbarán et la place qu’il occupe dans l’histoire de la peinture européenne.
Une rétrospective pour redécouvrir Zurbarán
Présentée dans le hall Napoléon du musée du Louvre, l’exposition « Zurbarán, 1598-1664 » se tient du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027. Elle propose un regard d’ensemble sur l’un des artistes les plus singuliers du Siècle d’or espagnol. Il s’agit là de la première grande présentation internationale consacrée à son œuvre depuis l’exposition organisée au Metropolitan Museum of Art de New York et au Grand Palais à Paris en 1987-1988.
Le parcours permet d’appréhender les différentes facettes de sa peinture, des grandes commandes religieuses aux portraits de saints, en passant par les natures mortes. Cette diversité invite à dépasser l’image d’un peintre exclusivement austère. Zurbarán sait aussi donner aux étoffes des couleurs profondes, aux objets une présence presque tangible et aux scènes les plus simples une intensité remarquable.
Parmi les œuvres mises en lumière par le musée figure Saint Bonaventure au concile de Lyon, conservé au Louvre. Les représentations de sainte Casilda et de l’Immaculée Conception, ainsi que la célèbre Nature morte aux citrons, oranges avec une rose, permettent également d’aborder la variété de son langage pictural.
L’intérêt de l’exposition tient à cette confrontation entre le contexte historique et la puissance visuelle des tableaux. Comment la lumière organise-t-elle une scène ? Pourquoi certains objets semblent-ils si présents ? Comment les gestes et les vêtements contribuent-ils au sens d’une image ? Autant de questions qui rendent la visite accessible aux curieux comme aux amateurs d’art.
À découvrir en famille
L’exposition Zurbarán peut constituer une belle porte d’entrée dans l’histoire de l’art pour les enfants. Ses tableaux offrent des éléments immédiatement observables : des fruits, des fleurs, des animaux, des vêtements colorés, des visages et des jeux d’ombre et de lumière. Il n’est pas nécessaire de connaître la religion chrétienne pour commencer à regarder, décrire et interpréter ces images. La visite peut même devenir une enquête : que voit-on en premier ? D’où vient la lumière ? Pourquoi le peintre a-t-il placé cet objet à cet endroit ?
En maternelle, cycle 1 (3-6 ans)
Les œuvres peuvent nourrir l’apprentissage du vocabulaire, l’expression des émotions et l’observation des formes et des couleurs. Devant une nature morte, les enfants peuvent nommer les fruits, comparer leurs tailles et leurs textures, puis réaliser en classe une composition avec des objets familiers. Ils peuvent également expérimenter les contrastes en dessinant un objet clair sur un fond sombre.
À l’école élémentaire, cycle 2 (6-9 ans)
Les enfants peuvent apprendre à décrire une image, repérer les premiers plans et les arrière-plans et comprendre comment une peinture organise le regard. Une activité concrète consiste à dessiner une nature morte à partir de trois objets, puis à modifier leur disposition ou l’éclairage pour observer les effets produits. Cette démarche rejoint les apprentissages en arts plastiques et l’éducation du regard.
Au cycle 3 (9-12 ans)
Les tableaux religieux offrent un support pour découvrir le XVIIe siècle, le rôle des commanditaires et la place de l’art dans la société. Les élèves peuvent comparer une représentation de saint avec une nature morte, puis réfléchir à la manière dont les vêtements, les gestes, les objets et les couleurs contribuent au sens de l’image. En histoire des arts, cette approche favorise la mise en relation des œuvres avec leur contexte historique.
Au collège, cycle 4 (12-15 ans)
L’exposition permet d’approfondir l’étude du clair-obscur, du réalisme et de la composition. Les élèves peuvent confronter les choix de Zurbarán à ceux d’autres peintres du XVIIe siècle, puis réaliser une photographie ou une peinture jouant sur une lumière latérale et un fond sombre. Ils peuvent aussi discuter de la manière dont une image produit une émotion ou transmet une vision du monde.
Au lycée
L’exposition peut nourrir les enseignements d’histoire des arts et d’arts plastiques par une réflexion sur les liens entre création, religion, société et pouvoir. L’analyse des commandes monastiques permet d’étudier la fonction des images dans l’Espagne du Siècle d’or, tandis que les natures mortes invitent à questionner le statut des objets et la représentation du réel.
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Hakim Aoudia.