Le lancement d’un audit des finances de la commune était un engagement électoral. Il s’inscrit dans un objectif plus large : garantir une gestion transparente des finances communales, plus lisible et compréhensible pour les administrés. L’objectif est de disposer de bases solides pour passer à l’action.
Un budget ne se résume pas à une simple addition de recettes et de dépenses. Il est important que les finances locales soient comprises du plus grand nombre. Ainsi, le citoyen peut retrouver confiance dans ses institutions.
L’audit a été confié au cabinet indépendant Stratorial Finances. Ce cabinet a été retenu au terme d’une procédure de mise en concurrence de plusieurs cabinets spécialisés. Réalisé en mai et juin derniers, l’audit porte sur le budget principal de la Ville ainsi que sur ses quatre budgets annexes.
Grâce à l’analyse de nombreuses données financières et à l’expertise des services financiers municipaux, l’audit a donné lieu à un document extrêmement dense. Celui-ci présente les évolutions de toutes les dépenses et recettes, l’épargne, le financement des investissements et la dette. Chaque poste fait également l’objet d’explications détaillées.
L’objectif est simple : mieux connaître la situation financière de la Ville, ses capacités financières et ses leviers d’action. Ces éléments doivent permettre d’engager les projets de la nouvelle équipe municipale dans un cadre maîtrisé. Les développements qui suivent résument donc les principales informations relevées par l’audit.
Le document est-il accessible au public ?
Fidèle à son engagement, Monsieur le Maire a souhaité donner toute publicité au document d’audit rétrospectif. Celui-ci est désormais disponible sur le site Internet de la Ville, dans le menu « Budget de la Ville ».
Par ailleurs, lors du conseil municipal du 24 septembre dernier, le consultant chargé de la mission a présenté publiquement les principales conclusions de l’audit.
En chiffres : 2019-2025
Il s’agit de la période étudiée par l’audit. Elle permet de comparer les évolutions sur plusieurs exercices et de dégager les principales tendances de fond des finances communales.
Des finances sous contrôle
L’audit réalisé est rassurant : la collectivité présente une situation financière solide et équilibrée. De leur côté, les budgets annexes, qui répondent à des logiques spécifiques, affichent également une situation financière satisfaisante.
Plusieurs indicateurs permettent de l’affirmer.
Une épargne brute soutenue
L’épargne brute est le principal indicateur de la santé financière. Elle correspond à ce que la Commune peut mettre de côté une fois ses dépenses courantes payées.
Elle permet notamment de rembourser le capital de la dette et de financer une partie des investissements. C’est pourquoi on l’appelle aussi la capacité d’autofinancement.
À Sanary, l’épargne brute est passée de 8 millions d’euros en 2019 à 5 millions d’euros en 2021, notamment sous l’effet de la crise sanitaire.
Cette baisse s’explique par un « effet ciseau » : les dépenses ont progressé plus rapidement que les recettes. Cependant, depuis 2022, la tendance s’est inversée. L’épargne brute atteint désormais au moins 8 millions d’euros par an.
Une dette bancaire maîtrisée
L’audit s’est également attaché à analyser la dette. Il confirme que la lecture des chiffres nécessite quelques explications et un retraitement.
La Direction générale des finances publiques (DGFiP) avait comptabilisé à tort 15 millions d’euros de dette bancaire qui ne concernaient pas la Commune entre 2019 et 2025. Cette erreur a été corrigée en 2025.
Par ailleurs, 15 millions d’euros classés dans les « autres dettes » correspondent en réalité à des opérations d’investissement, à savoir la perception de loyers capitalisés, notamment via des baux emphytéotiques.
Ces opérations ne génèrent pas de charge financière directe pour la collectivité. Elles peuvent également créer de la valeur à terme.
Une fiscalité maîtrisée, sans dépendance aux aides de l’État
La Commune est aujourd’hui peu dépendante des aides de l’État. En effet, la dotation globale de fonctionnement (DGF), qui dépassait 3 millions d’euros par an il y a une quinzaine d’années, ne représente plus que 100 000 euros en 2026.
Malgré les réformes fiscales et la hausse des taux votée en 2023, Sanary conserve une pression fiscale inférieure à la moyenne.
Quant aux tarifs des parkings et des ports, ils sont jugés cohérents avec les objectifs de la commune. Malgré les spécificités locales, ils restent globalement comparables à ceux pratiqués dans les communes voisines.
En chiffres : les finances en 2025
- 40 M€ de recettes réelles de fonctionnement.
- 31,9 M€ de dépenses de fonctionnement.
- 8,1 M€ d’épargne brute.
- 5,6 M€ d’épargne nette après remboursement du capital de la dette.
- 2,4 années de capacité de désendettement.
Le saviez-vous ?
Sur 100 € de recettes communales courantes, 80 € sont dépensés dans les charges courantes des services publics. De plus, 6 € servent à rembourser la dette et 14 € servent à investir.
Même pendant la crise, l’épargne brute n’est jamais descendue sous 15 % des recettes. Ce seuil est considéré comme satisfaisant. Ce niveau témoigne de la capacité de la Commune à faire face aux périodes difficiles.
Un cap ambitieux et responsable
L’audit révèle de bons indicateurs, comme la capacité de désendettement. Il met également en évidence plusieurs points de vigilance.
Une capacité de désendettement courte
Contrairement à l’État, une collectivité ne peut emprunter que pour financer des investissements. Il peut s’agir d’équipements ou de travaux qui profiteront aux habitants pendant plusieurs années.
L’enjeu est donc moins le montant de la dette que la capacité de la Commune à la rembourser. Elle doit pouvoir le faire sans fragiliser son fonctionnement ni ses investissements.
C’est là qu’intervient la capacité de désendettement. Cet indicateur mesure le nombre d’années pendant lesquelles la Commune devrait théoriquement mobiliser toute son épargne brute pour rembourser sa dette.
À Sanary, ce ratio s’établit à 2,4 années en 2025. Ce niveau traduit une situation maîtrisée.
L’audit relève également un niveau d’investissement soutenu. Celui-ci s’accompagne d’une utilisation mesurée des réserves de la Commune, c’est-à-dire de son fonds de roulement, pour envisager le programme d’investissement passé.
Des points de vigilance pour l’avenir
Cette situation constitue un point d’appui solide pour la Ville, qui dispose de réelles marges de manœuvre. Toutefois, elle ne représente pas une garantie sans limite.
En effet, l’équilibre financier dépend en permanence du niveau des recettes, des dépenses, de la dette et des investissements.
L’audit souligne notamment une érosion de l’épargne depuis 2023. Cette évolution est liée en partie à la baisse de certaines recettes, comme les droits de mutation, perçus lors des ventes immobilières. Leur montant a diminué de 700 000 € entre 2022 et 2024.
Dans le même temps, les prélèvements de l’État ont augmenté, notamment au titre de la loi SRU. Ils ont représenté 900 000 € entre 2023 et 2025, en raison de la carence de la commune en logements sociaux.
Ces éléments ne dépendent pas uniquement des décisions de la Commune.
Enfin, certaines recettes peuvent varier selon le contexte économique ou réglementaire. C’est notamment le cas en fonction de l’inflation, du marché immobilier, de l’activité des casinos ou encore des crises sanitaires et énergétiques.
Tous ces facteurs exposent les finances communales à des risques. Ils invitent donc à maintenir une gestion prudente dans les années à venir.
L’audit rétrospectif en 5 points
1. Les comptes sont équilibrés.
Les recettes de fonctionnement couvrent les dépenses et permettent de dégager une épargne.
2. La Ville dispose d’une capacité d’autofinancement.
En 2025, l’épargne brute atteint 8,1 millions d’euros et l’épargne nette 5,6 millions d’euros.
3. La dette bancaire a diminué.
Après retraitement, elle passe de 40 millions d’euros en 2019 à 19 millions d’euros en 2025.
4. L’investissement reste soutenu.
La Ville investit en moyenne 11 millions d’euros par an sur 2019-2025.
5. Les marges doivent être préservées.
Depuis 2023, les charges progressent plus rapidement que les recettes. Cette évolution constitue un point de vigilance.
Prévoir aujourd’hui pour financer les projets de demain
L’audit confirme que le programme municipal, bien qu’ambitieux, peut être financé dans les conditions actuelles. Une gestion rigoureuse doit permettre de poursuivre ce programme tout en maintenant des ratios acceptables.
La Ville peut investir dans les projets du mandat
L’audit montre que la situation financière de la Ville permet de financer les investissements importants projetés.
De plus, les différents budgets devraient conserver une situation financière globalement saine pendant la durée du mandat. Pour cela, des efforts de gestion rigoureuse seront nécessaires.
Place à l’action
Les projets annoncés entrent désormais dans une phase concrète d’études et de préparation.
Il s’agit de vérifier les contraintes techniques, de préciser les aménagements possibles, d’évaluer les travaux à réaliser et de définir leur programmation.
Parmi les projets les plus structurants pour la Ville, plusieurs opérations sont notamment envisagées.
- La réhabilitation de l’ancien commissariat. Le bâtiment doit accueillir la Police municipale et le centre de supervision de la vidéoprotection. Le projet prévoit également le réaménagement de la place de la Poste.
- La rénovation du Jardin d’hiver. L’objectif est d’en faire un équipement multifonctionnel permettant notamment aux Sanaryens d’y célébrer leurs événements familiaux. Le parking situé en face serait également aménagé pour devenir un véritable parking de délestage. Il pourrait ainsi contribuer à fluidifier la circulation dans le centre-ville pendant les périodes de forte fréquentation.
- L’amélioration des voiries en dehors du centre-ville. Les secteurs concernés seront identifiés grâce à l’étude en cours sur les déplacements et les mobilités douces. Ses conclusions permettront de définir les interventions à programmer, en fonction des contraintes techniques et des ressources disponibles.
- La mise en œuvre d’une politique de réduction du coût du stationnement supporté par les résidents.
En chiffres : jusqu’à 80 M€ de capacité d’investissement
Selon les scénarios d’évolution retenus et dans les conditions actuelles, la capacité d’investissement pourrait atteindre jusqu’à 80 millions d’euros sur le mandat.
Le saviez-vous ?
La prospective consiste à intégrer le programme pluriannuel des investissements (PPI) envisagé par l’équipe municipale aux hypothèses d’évolution des autres postes comptables sur la période 2026-2032.
Une prospective qui évolue avec la situation de la Ville
La prospective budgétaire est un exercice d’anticipation. Elle doit donc être régulièrement ajustée en fonction de la réalité.
Ainsi, les prévisions seront actualisées chaque année et présentées lors des débats et rapports sur les orientations budgétaires.
La municipalité s’engage également à suivre l’évolution des dépenses et des recettes. L’objectif est de préserver les marges de manœuvre de la Ville et de s’assurer que les choix réalisés restent compatibles avec ses capacités financières.
Enfin, la situation pourrait s’avérer plus favorable que les prévisions actuelles. Cela dépendra de la gestion budgétaire et des ajustements réalisés tout au long du mandat.
Retrouvez l’article dédié dans le Sanary & Vous n°1 du mois d’Octobre 2026.