Un nouveau rapport (en anglais uniquement) de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de son organisation membre au Pakistan, la Human Rights Commission of Pakistan (HRCP), décrit la corruption généralisée et systémique à tous les niveaux du système judiciaire pakistanais, avec de lourdes conséquences sur les droits humains.
Paris, Lahore, 8 juillet 2026. Le rapport de 32 pages, intitulé « Under the Bench : Mapping corruption risks in Pakistan’s justice system », [Derrière la façade : cartographie des risques de corruption dans le système judiciaire pakistanais] détaille les différentes manières dont la corruption, endémique au sein du système judiciaire pakistanais, affecte l’indépendance et l’efficacité des instances judiciaires, ainsi leur capacité à défendre le droit à un procès équitable et à protéger les autres libertés fondamentales. Selon le rapport, il existe des raisons de croire que, dans le pays, la corruption a atteint une échelle systémique et pourrait s’apparenter à de la grande corruption.
« Ce rapport met en évidence l’ampleur de la corruption profondément implantée dans tous les rouages du système judiciaire, ainsi que ses répercussions insidieuses sur l’exercice des droits humains. Loin d’être un crime sans victime, la corruption du système judiciaire porte manifestement atteinte au droit à un procès équitable, surtout pour les groupes les plus vulnérables, comme les minorités », a déclaré la secrétaire générale de le FIDH, Shahindha Ismail.
Le rapport s’appuie sur 30 entretiens menés par la FIDH et la HRCP en présence d’avocat·es, de journalistes, d’activistes de la société civile, d’universitaires et de juges. Il décrit les manifestations de la corruption au sein du système judiciaire, notamment les dysfonctionnements de l’administration de la justice, qui favorisent différentes formes de pots-de-vin et autres pratiques de corruption ; les dynamiques culturelles qui encouragent le favoritisme et le népotisme ; et l’érosion de l’indépendance de la justice qui se traduit par une mainmise de l’État sur les plus hautes juridictions. Il révèle également que les 26e et 27e récents amendements à la Constitution ont profondément affaibli l’indépendance déjà restreinte dont jouissait jusque-là le système judiciaire, en modifiant la nomination de juges et en élargissant les motifs de leur révocation. Le rapport analyse l’incapacité des mécanismes existants de lutte contre la corruption à garantir la redevabilité et à décourager tout nouvel acte de corruption.
Plus particulièrement, le rapport étudie les répercussions de la corruption au sein du système judiciaire sur les droits humains, notamment les violations des droits à un procès équitable et à l’égalité devant la loi - particulièrement graves pour les communautés à faible revenu et les minorités -, le lien entre la corruption, les cas de torture et l’application de la peine capitale, et l’impact de la corruption sur l’égalité des genres chez les professionnel·les de la justice et de l’appareil judiciaire.
« Eradiquer les risques de corruption à tous les niveaux de l’appareil judiciaire va exiger bien plus qu’une simple hausse de la rémunération et des avantages accordés aux juges ou l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les tribunaux, il est indispensable de commencer à adopter une approche globale pour rétablir l’indépendance de la justice et à s’attaquer aux facteurs sous-jacents qui favorisent les pratiques inappropriées et compromettent les décisions de justice », a déclaré le secrétaire général de la HRCP, Harris Khalique.
Le rapport propose une série de recommandations pour lutter contre la corruption de la justice, notamment celles visant à lutter contre les dysfonctionnements de l’administration de la justice, à renforcer la transparence, à garantir l’obligation de redevabilité, et à protéger les lanceur·ses d’alertes.
Voir le rapport complet ci-dessous (en anglais uniquement).