Commune d'Hirson (Aisne) | Cour des comptes

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Pôle structurant à l’échelle de son territoire, la commune d’Hirson présente des fragilités importantes dans son organisation interne, en particulier en matière de pilotage et de contrôle interne. L’encadrement des relations avec les partenaires extérieurs demeure insuffisant, notamment s’agissant du suivi et de l’évaluation des aides accordées au tissu associatif. Par ailleurs, le cadrage de ses relations avec le centre communal d’action sociale mériterait d’être actualisé, au regard des pratiques constatées.

Les dysfonctionnements observés s’étendent au domaine de la commande publique, de nombreux besoins récurrents et significatifs continuant d’être couverts sans recours à des procédures de mise en concurrence adaptées. En définitive, l’absence d’une fonction achat structurée conduit à des pratiques non sécurisées juridiquement et insuffisamment organisées. Les carences constatées sont également visibles dans le cas du cinéma communal, dont le financement repose sur une articulation confuse entre une délégation de service public et l’attribution de subventions substantielles à l’association gestionnaire.

La politique de ressources humaines apparaît, en outre, dépourvue de pilotage stratégique et de vision consolidée des effectifs. Les manquements répétés aux règles applicables en matière de temps de travail et d’indemnisation des heures supplémentaires, combinés à l’absence d’outils de contrôle fiables, ont favorisé des pratiques irrégulières aux conséquences financières significatives. En la matière, aucune amélioration notable n’est constatée depuis le dernier contrôle de la chambre, qui pointait déjà les mêmes insuffisances et irrégularités. Ces constats traduisent la nécessité d’une refonte profonde de l’organisation, des procédures et des outils de gestion des ressources humaines.

Si la lisibilité de l’information budgétaire produite par la commune demeure perfectible, notamment dans ses rapports sur les orientations budgétaires, des améliorations sont toutefois à souligner dans les pratiques comptables et budgétaires mises en œuvre par les services. Ces progrès devraient être consolidés par la formalisation de règles et de référentiels communs, diffusés à l’ensemble des services.

La situation financière de la commune apparaît fragilisée. Sa trésorerie, particulièrement dégradée, s’est réduite à 171 000 € fin 2024, chutant même à 15 000 € en avril 2025. L’absence de réserves suffisantes pour absorber le décalage entre recettes et dépenses conduit la collectivité à retarder excessivement le paiement de ses fournisseurs, au-delà des délais réglementaires. Cette situation impose un pilotage financier renouvelé et l’adoption de mesures de redressement structurelles.

Dans ce contexte, la maîtrise des dépenses constitue un enjeu central, en particulier s’agissant des charges de personnel qui atteignent 7,6 M€ en 2024, afin de restaurer une capacité d’autofinancement tombée à 0,58 M€ en 2024. 

La commune devra, parallèlement, encadrer strictement la programmation de ses investissements pour concilier la poursuite de ses projets avec la reconstitution progressive de ses marges financières. Dans ce contexte, le projet de réouverture de l’abattoir municipal, pour lequel elle s’engage fortement, doit être apprécié avec précaution au vu des enjeux financiers, juridiques et économiques. La chambre lui recommande, à cet égard, d’élaborer un plan pluriannuel d’investissement intégré à une trajectoire financière prospective et soutenable.

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