Isabelle Houvenaghel, présidente de section à la Chambre régionale des comptes Occitanie a été sollicitée pour présenter les travaux français dans le cadre d’un projet d’amélioration des usages des cabinets privés par les autorités publiques au niveau européen.
Les travaux des juridictions financières françaises inspirent au niveau international. C’est ainsi dans le cadre de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) qu’Isabelle Houvenaghel s’est rendue au siège parisien de l’institution, le 26 mars dernier. Présidente de section à la Chambre régionale des comptes Occitanie, elle est intervenue en tant que contre-rapporteuse de l’enquête menée par plusieurs chambres régionales des comptes et pilotée par la CRC Occitanie, qui a donné lieu à un rapport public thématique sur « Le recours par les collectivités locales aux prestations intellectuelles des cabinets de conseil ».
Elle a présenté les travaux de la Cour des comptes de 2023 et de 2025 relatifs au recours aux services de cabinets de conseil privés par l’Etat et par les collectivités territoriales, lors de « l'Atelier international sur le conseil aux pouvoirs publics » de l'UNESCO.
La problématique du recours aux cabinets de conseil n’est en effet pas propre à la France. Au sein de l’Union européenne, les travaux français sur la question sont suivis de près. Une même prise de conscience autour des problématiques entourant le recours fréquent à ces cabinets se fait jour. Six pays membres (l’Autriche, la Belgique, la République tchèque, la France, la Grèce et la Lettonie) ont demandé « un soutien technique direct pour réajuster leur dépendance aux services de conseil externes et développer des capacités de conseil au sein du gouvernement », précisent les organisateurs. Le projet est financé par l’Instrument de soutien technique de la Commission européenne et mis en œuvre par l’UNESCO sur une période de 31 mois.
Des intervenants belges, français et britannique
C’est dans ce cadre précis que s’est déroulé l’atelier du 26 mars. Mme Houvenaghel est intervenue aux côtés de deux représentants de la Cour des comptes belge, Jean Storms et Samuel Wauthier et de Benjamin Owen, du Bureau national de l’audit du Royaume-Uni. Les débats se sont tenus en anglais.
Lors de sa présentation, la magistrate française a présenté les constats que les JF ont tiré de leurs enquêtes. Elle a également partagé les difficultés méthodologiques de recensement de ces prestations. Elle a conclu sur le fait que toutes les strates « des décideurs publics allant de l’Etat aux collectivités locales sont friandes de recourir à des cabinets extérieurs. Sans représenter des enjeux financiers majeurs au niveau local, ces dépenses augmentent. Dans un contexte de recherche d’économies, ce sujet mérite d’être mieux encadré, d’autant plus que les autorités publiques disposent de compétences en interne qu’elles connaissent mal et ne mobilisent pas pleinement sur ces sujets ». L’auditoire présent, très intéressé, a ensuite posé plusieurs questions afin d’approfondir le sujet.
L’ensemble de la rencontre a permis de faire le point sur les dynamiques internationales et les enquêtes et réformes en cours. L’idée étant de partager des analyses comparatives et des bonnes pratiques internationales, afin de soutenir, à terme, la création d’un réseau de cabinets de conseil gouvernementaux. La recherche de solutions étant centrale pour les participants. Les enjeux sont majeurs, en raison notamment des risques liés à la dépendance envers des fournisseurs externes sur des questions qui peuvent être stratégiques ou des risques de conflits d’intérêt, mais aussi en raison de la question des coûts et du rapport qualité-prix de ces usages de consultants et experts externes.