Composition montrant des détails des six verrières des chapelles du bas-côté sud de la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris devant être remplacées. Photos ministère de la Culture, assemblage Sites & Monuments.
Le 17 avril 2026, le préfet de région Ile-de-France, éclairé par une Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) s’étant prononcée contre le projet, rendait une décision favorable à la dépose des vitraux conçus sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc pour Notre-Dame.
Le 20 avril 2026, la décision favorable était affichée, non pas au niveau de la grille donnant sur les chapelles concernées, mais au chevet de la cathédrale. Cet affichage faisait courir un délai de contestation de deux mois. L’"établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame" n’en avait pas moins la possibilité de débuter immédiatement les travaux à ses risques et périls. Ceux d’avoir dépensé pour rien plus de quatre millions d’euros d’argent public pour être condamné à une remise en état par le juge. Les promoteurs immobiliers attendent pour cette raison généralement l’écoulement des délais ou la purge des actions en justice avant de débuter leurs travaux.
Effet de tramage extérieur des vitraux d’Eugène Viollet-le-Duc menacé de disparition (chapelle du Sacré-Cœur). Photo Sites & Monuments.
Le 27 avril, nous constations, à l’occasion d’un reportage télévisé, le début de la pose d’échafaudages destinés au retrait des vitraux.
Le 5 mai, nous déposions une requête en annulation de la décision, au fond et en référé. Ce dernier recours a pour but de faire suspendre les travaux en l’attente d’une décision au fond. Il convient, à cette fin, de démontrer une urgence et qu’un "doute sérieux" pèse sur la légalité de la décision.
A l’issue de cette demande, une audience de référé a été fixée par le Tribunal administratif de Paris le 12 mai 2026 à 15h.
Sur le fond, la décision attaquée se prévaut essentiellement de ce que : « Les nouveaux vitraux représenteront une superficie de 121 m², ce qui constitue une surface restreinte des vitraux de l’ensemble de la cathédrale comme du programme conduit par Eugène Viollet-le-Duc lequel n’est ainsi pas remis en cause », changement qui serait d’autant plus tolérable que « Ces nouveaux vitraux associent, à part presque égale, d’une part, une mise en abyme du vitrail dans le vitrail rappelant les vitraux du XIXe siècle dans le bas-côté nord, les chapelles du chevet, les baies hautes du chœur et du transept, avec lesquels les nouveaux vitraux installés forment un continuum formel, chromatique et d’une qualité d’éclairage analogue aux vitraux qu’ils remplacent. »