Pas de suspension des travaux pour les vitraux de Notre-Dame

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Composition montrant des détails des six verrières des chapelles du bas-côté sud de la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris devant être remplacées. Photos ministère de la Culture, assemblage Sites & Monuments.

Sites & Monuments et SOS Paris regrettent que le changement d’une partie des vitraux de Notre-Dame - épargnés par l’incendie de 2019 - n’ait pas été suspendu en l’attente du jugement à intervenir sur le fond. Le juge des référés a estimé que la "condition d’urgence", propre au référé, n’était pas réunie en raison de la garantie de réversibilité de l’opération apportée à court terme par l’administration (conservation des remplages, des armatures métalliques, restauration et présentation immédiate des vitraux au public). Le juge ne s’est donc pas fondé sur "l’absence de doute sérieux sur la légalité de la décision", autre motif possible de rejet. Prenant acte de cette ordonnance, les associations espèrent que les promesses de réversibilité totale du remplacement des vitraux classés trouveront à s’appliquer dans quelques mois, à l’issue du contentieux au fond.

Les associations s’inquiètent d’une rupture avec la doctrine constante de l’administration des monuments historiques en matière de vitraux contemporains dans les édifices protégés. Elles soulignent que, dans la tradition de la charte de Venise, l’administration acceptait des ajouts aux monuments (remplacement d’éléments détruits ou manquants, adjonctions fines, créations mobilières), mais en aucun cas des retraits de matière patrimoniale pour lui substituer une création. C’est ce que la commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) a rappelé, à l’unanimité, dans son avis du 11 juillet 2024.

À Notre-Dame, la moitié des vitraux classés de la nef basse, appartenant à un « ensemble complet et harmonieux » de l’un des plus grands architectes français, doit ainsi être remplacée conformément à l’autorisation de travaux délivrée par le préfet de région Ile-de-France pour le ministère de la Culture. Les tours de la cathédrale, dotées de vitraux blancs, pouvaient pourtant accueillir sans inconvénient des vitraux contemporains, conformément à la pratique suivie par Eugène Viollet-le-Duc lui-même, qui avait remplacé des verrières blanches placées dans la cathédrale au XVIIIe siècle.

Les associations sont, pour ces raisons, confiantes quant à l’examen de leur recours au fond.

Pour consulter l’ordonnance du juge des référés

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Recapiti
Julien Lacaze