Avant même l’entrée en scène de la tête d’affiche, l’ambiance était déjà bien installée à Port-Breton. Les conversations sont allées bon train près des stands de restauration, dans l’herbe, sur les marches ou debout face aux barrières. En tout : 2 000 personnes et plus une seule place disponible pour accueillir l’une des figures les plus familières de la pop britannique.
La soirée s’est d’abord ouverte dans un registre plus intimiste avec Chloe Foy. Guitare en main, l’auteure-compositrice originaire du Gloucestershire a installé la douceur mélancolique de son folk. Les titres de Complete Fool, son second album paru en 2025, révèlent une écriture toute en nuances qui a séduit le public de cette première partie.
Puis Murray Head est apparu. Nul besoin de longues présentations pour l’artiste britannique : quelques chansons ont suffi à faire remonter des pans entiers de mémoire collective. Entouré de Bill Shanley, Ally McDougal, Geoffrey Richardson, Jennifer Maidman et rejoint ensuite par Chloe Foy, Murray Head a offert au public dinardais ce mélange de rock, de folk et d’élégance qui le caractérise depuis plus d’un demi-siècle.
Tout au long du concert, l’artiste a multiplié les échanges avec le public et instauré une véritable complicité avec les spectateurs. Entre deux morceaux, anecdotes, traits d’humour et petites improvisations ont ponctué la soirée, provoquant à plusieurs reprises les rires de Port-Breton. Une proximité qui s’est également exprimée sur scène, dans les nombreux échanges avec ses musiciens.
Dans le public, plusieurs générations se sont côtoyées. Certains connaissaient chaque refrain, d’autres découvraient sur scène cette voix longtemps entendue à la radio ou dans les disques familiaux. De How Can a Poor Man à Say It Ain’t So Joe, en passant par Nigel Nigel, J.C. Superstar, Countryman ou encore Joey’s on Fire, le concert a parcouru plusieurs décennies du répertoire de l’artiste.
Et lorsque sont venus les morceaux les plus emblématiques, Port-Breton a naturellement basculé de l’écoute au chant collectif. Après Le Sud, sur l’incontournable One Night in Bangkok, Murray Head est même descendu de scène pour rejoindre le public. Ce final au plus près des spectateurs a conclu avec générosité une soirée traversée par plusieurs décennies de musique et de souvenirs partagés.